Chapitre 2 : L’absence de jugement.
La pratique d’exercices permettant de s’entraîner à l’absence de jugement vous aidera à aborder l’observation, donc ne la négligez pas.
Pratiquez la, mais surtout, surtout, essayez d’en ressentir, par votre propre expérience, le sens profond, constatez à quel point :
- nous avons l’habitude de tout juger, les objets, nous-mêmes, les autres, la vie…
- chaque jugement nous amène des perturbations.
Compte tenu de cela, l’absence de jugement est un exercice délicat.
Si après un certain nombre d’exercices sur l’absence de jugement vous trouvez que vous jugez encore trop souvent et trop facilement à votre goût, vous pouvez néanmoins commencer à vous exercer à l’observation. Mais faites le en étant attentifs et bien conscients des moments où vous jugez et des moments où vous ne jugez pas.
Voici donc un exercice que je propose souvent en relaxation :
« La relaxation peut se faire avec de nombreux supports.
La vue peut en être un pourvu qu’elle soit sans interprétation.
Nous apprenons alors à voir ce qu’on voit, sans pensée, sans jugement.
Les perturbations nous viennent avec les jugements.
Dès que nous disons c’est beau, joli, laid, j’aime, je n’aime pas… alors les perturbations mentales arrivent.
Pour se relaxer il ne faut pas laisser notre pensée partir vers les jugements.
Quelque soit le moment vous pouvez faire un exercice de relaxation en nommant mentalement les objets sur lesquels se fixe votre regard.
Imaginons que vous êtes sur un chemin, alors vous nommez mentalement ce que vous voyez (dans le cadre de cet exercice, renommez mentalement ce que je dis après l’avoir visualisé) :
A l’intérieur de votre front vous visualisez un écran blanc, comme un écran de cinéma.
Sur cet écran vous allez projeter les images des objets que je vais citer.
Une fois que l’image apparaîtra, vous nommerez mentalement ce que vous voyez.
Nous allons d’abord voir et nommer d’une façon très simple :
Un chemin, un arbre, un caillou, de la terre, de l’herbe, un arbre, un homme, un gilet, un vélo, une chaîne de vélo, une roue, de la poussière, de l’herbe, un buisson, le ciel, un nuage, le soleil, des feuilles, une branche, un arbre, le sol, une femme.
Vous pouvez aussi nommer d’une façon plus descriptive tant que la description ne part pas vers un jugement :
Un petit arbre, un caillou noir, de la terre sèche et marron, de l’herbe haute, un grand arbre, un homme pressé, un gilet ouvert, un vélo bleu, une chaîne de vélo noire, une roue à rayons, de la poussière grise, de l’herbe verte, un buisson fourni, le ciel bleu, un nuage étiré, le soleil qui brille, des feuilles larges et verte, un branche, le sol, une femme qui se promène à pied ».
En faisant cet exercice régulièrement il se passera plusieurs choses :
D’abord vous vous détendrez.
Vous apprendrez qu’il n’est pas nécessaire pour vous de juger chaque chose.
Vous augmenterez votre conscience de l’instant et en constaterez la richesse.
Votre mémoire de l’instant sera plus riche.
Dans le cadre présent la prise de conscience la plus importante est bien sûr de se rendre compte qu’il n’est pas nécessaire de juger chaque chose.
De la même façon entraînez vous très régulièrement à citer mentalement les objets que balaie votre regard, sans les juger. Faites-le le temps que cela vous plaît mais pas trop longtemps que ce ne soit pas pesant, de deux à cinq minutes par exemple suivi d’une pose et recommencez ensuite si vous le souhaitez.
Ensuite vous constaterez que vous pouvez vous exercer à l’absence de jugement avec des paroles, des situations…
Je dis bien vous exercer car nous nous sommes tellement conditionnés à tout juger qu’il ne faut pas imaginer pouvoir réussir facilement, mais cela n’empêche pas de progresser régulièrement dans ce sens.
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